Si proches et si différents à la fois

Écrit par Fabrice Borowczyk le . Publié dans Magazine

ballon handballAu moment d'aborder la manche n°2 du derby....

100 % basque de cette N2F, les deux coaches Mickaël Moreno pour Côte Basque HB et Mathieu Tauzin pour le Zibéro ont accepté de se prêter au jeu du portrait croisé pour Culture Sport et adour-presse.com, l'occasion pour les deux médias de mettre en place les premières pierres d'une future collaboration à l'étude..... Merci à Nicolas Greno pour sa confiance ! 

La phase aller s'est terminée la semaine dernière. Que pensez-vous du parcours de votre adversaire ?

Mickaël Moreno : Tardets a toujours eu de la formation et des résultats. Après avoir gagné la coupe de France, elles sont montées et l'ont mérité. Elles sont dans la continuité de ce qu'elles ont produit ces dernières années. Je pense qu'elles sont à leur place et qu'elles seront dans le premier wagon (NDLR : les 6 premières du classement) en fin de saison.

Mathieu Tauzin : Côte Basque c’est l’ogre de la poule. Avant le match aller, j’avais prédit que cette équipe ne perdrait que un ou deux matches dans toute la saison. A mi-parcours, elle en est à 11 victoires en 11 matches. Ses grosses qualités résident dans sa défense, la meilleure de la poule, mais aussi l’homogénéité de son groupe. Lors des rotations, on ne voit pas de différence de niveau. Cette homogénéité de tout le groupe senior est important, on s’en aperçoit bien à travers le parcours actuel de l’équipe de N3, qui après des débuts un peu hésitants est parfaitement revenu.

Que pensez-vous l'un de l'autre en tant que technicien ?

Mickaël Moreno : C'est un casse-couilles (sic) dans le sens où il demande beaucoup d'exigence à ses filles. Parfois c'est dans le bon sens, parfois ça peut les crisper. Après, tactiquement, c'est quelqu'un qui s'y connait. Il a déjà entraîné en garçons au niveau national (NDLR : en N2). Il sait ce qu'il fait et pourquoi il le fait.

Mathieu Tauzin : C’est un excellent technicien qui malgré son jeune âge s’est déjà forgé un joli palmarès. Il a été notamment le principal artisan de la montée de Bayonne en N1, puis lors de son passage en Normandie (Octeville), il a réussi à faire monter l’équipe en D2 et à l’y maintenir. Il est très malin et il sait tirer le maximum de ses équipes avec un bon relationnel avec ses joueuses.

Que retenez-vous du derby aller à Tardets ?

Mickaël Moreno : C'était la première de Tardets en N2 et la première pour mon équipe après l'entente. Ce n'était pas un joli match mais il y a eu de l'engagement. Les deux formations se sont rendues coup pour coup jusque dans les vingt dernières minutes. Cela va être un match compliqué avec des filles qui en veulent, qui se battent et qui sont conquérantes. Elles viennent de gagner contre Blanquefort, il ne faut pas l'oublier. Il faut se méfier de ces équipes qui n'ont rien à perdre et qui jouent bien.

Mathieu Tauzin : Nous avons été pris dans tous les compartiments du jeu, nous n’étions pas au niveau, on le découvrait juste. Mais nous savions à quoi nous attendre face à un tel adversaire. Pour tout dire, nous avions pris ce match comme un match de Coupe, un ultime match de préparation pour la saison, car Côte Basque et nous, nous n’évoluons pas dans le “même” championnat. Nous savons que nous jouerons notre peau jusqu’au bout, et ce n’est pas face à de telles adversaires que ça se jouera pour nous, idem pour le match de samedi du reste. 

Comment expliquez-vous un tel vivier au Pays basque ?

Mickaël Moreno : Le vivier a toujours existé, après il faut savoir l'exploiter. On a toujours fourni, aux sélections départementales ou même au pôle de Talence, des éléments qui jouent en national voire dans les divisions supérieures (D1, D2). Pour être capable d'exploiter ces talents, il faut qu'une des équipes joue au niveau national. Cependant, certaines filles souhaitent évoluer à un niveau plus élevé. Il faut donc être capable d'avoir de la N1 et pourquoi pas, à moyen terme, une équipe de D2 afin de conserver ces meilleures joueuses.

Mathieu Tauzin : Les deux clubs n’ont rien à voir. Côte Basque a certes de bonnes joueuses basques, mais pas seulement, le club sait également attirer des bonnes joueuses du Pôle. Je dirai que Côte Basque HB c’est en quelques sortes une sélection des meilleures joueuses du coin avec des joueuses du Pôle en plus. De notre côté, c’est du basque local à 100 %. Ce n’est en rien comparable. Si vous voulez une image, samedi, le PSG va recevoir le Gazelec Ajaccio

Recueilli par Fabrice Borowczyk et Nicolas Gréno