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mauleon blagnacA Mauléon (Stade Marius Rodrigo) :
Blagnac bat Mauléon : 23-20 (20-3).

Temps : Frais et couvert. Spectateurs : 700 environ. Arbitre : Pierre Courbin (Côte d’Argent).

Pour Mauléon : 3 essais : Dartigue (62e), Aboïtiz (70e), Descazeaux (80e), 1 transformation (62e) et 1 pénalité (9e) : Ascery.

Pour Blagnac : 2 essais Laguerre (28e), Nortje (40e), 2 transformations et 3 pénalités (14e, 34e, 77e) : Ducousso.

Cartons blancs :
A Mauléon : Heguiaphal (34e), à Blagnac : Nortje (48e), Bueno (61e).

SA Mauléon : Ascery (Descazeaux 80e) – Garicoix, Barbéraréna, Guiresse, Guérin – (o) Claverie (Suhit 51e), (m) Loustaunau (Coupau 63e) – A. Heguiaphal (Orabé 76e), Cazobon (cap), Montois – Récalt (Dunate 54e), Dartigue – Chabannes (Aboïtiz 49e), Bellocq (Pocoréna 49e, Bellocq 57e), Arla (Goyheneche 49e).

Blagnac SCR : Vernetti – Breton, Laguerre, Lassalle (Ceolin 80e), Dauraubedin (Pages 51e) – (o) Ducousso, (m) Morisson (Brun 73e) – Lane (cap), Vachon, Jouve (Tolofua 65e) – Nortje, Swiadek (Perkins 73e) – Kwarazfelia (Lebrequier 53e), Bueno (Otal 80e), Martin (Raynaud 80e).

Ah si Mauléon n’avait pas connu un terrible trou d’air durant les 20 dernières minutes de la première période. Ah si Mauléon avait joué depuis le début de l’année 2016 comme il l’a fait durant la seconde période de ce Mauléon-Blagnac… C’est bien connu, avec des « si », on mettrait Paris en bouteille et Mauléon en fédérale 1 pour longtemps. Hélas, la réalité est tout autre. Pourtant les Mauléonais ont montré qu’ils avaient du cœur à l’occasion de ce match que l’on qualifiait de match de la dernière chance dans l’optique du maintien dans l’élite amateur. Lors d’une seconde période qu’ils ont dominé de la tête et des épaules. Il faut dire qu’ils n’avaient plus le choix. Malgré un bon début de rencontre, les hommes de Vergez et Hontaas ont connu une fin de première période compliquée. D’un seul coup, apathiques, jouant parfois à contre-sens, oubliant les soutiens, ils ont laissé les Blagnacais dominer totalement les débats durant les 20 dernières minutes de la première période. Pour couronner le tout, Andoni Heguiaphal laisse ses coéquipiers finir la première période à 14 contre 15 en écopant d’un carton blanc. Il n’en fallait pas plus aux Blagnacais pour inscrire 10 points en 6 minutes. Tout d’abord une pénalité suite à la faute du 3e ligne local (3-13, 34e), puis juste avant la pause, le surpuissant Andrich Nortje finit par transpercer la défense locale pour l’essai qui plongea Marius Rodrigo dans la stupeur (3-20, 40e). Lorsque Pierre Courbin siffle la pause, le stade est muet, comme résigné. Il ne reste plus qu’à attendre la minute où Blagnac inscrira son bonus offensif. Mais c’est mal connaître la fierté locale. Au retour des vestiaires, les coéquipiers de Mathieu Cazobon l’ont compris : s’ils ne font rien, la fédérale 2 ce sera pour ce soir. Alors, ils prennent possession, du ballon, du terrain, du jeu. Ce n’est que par le jeu que l’on peut s’en sortir, les Souletins l’ont compris. Quitte à tomber, autant que ce soit les armes à la main. On aime ce genre d’attitude ici. Et au fil des minutes, même si le score n’évolue pas, en voyant le jeu se cantonner dans les 30 mètres visiteurs. En voyant une équipe de Mauléon qui alterne avec merveille, jeu au près et jeu élargi, le sourire revient sur les visages des spectateurs mauléonais. Non, Mauléon n’est pas mort. Le lion du SAM qui fêtera dans quelques semaines ses 110 ans a toujours envie de rugir et de sortir ses griffes. Pas question de tenter les pénalités, on tente les penaltouches chaque fois que possible. A force de courage, cela va finir par payer. Sur l’une d’elle, un groupé pénétrant se met en place. Blagnac qui subit depuis plus de 20 minutes, perd patience et Nortje à son tour commet l’irréparable, il écope d’un carton blanc, laissant ses coéquipiers se débrouiller à 14 face à la furia locale. Bixente Suhit en profite pour remettre une pénaltouche, cette fois ce sera la bonne. Aidé par tout son pack, Jordan Dartigues inscrit l’essai qui, pense-t-on sauve l’honneur local (10-20, 62e). Déjà pas mal, quand on sait ce que le mot « honneur » veut dire ici en Soule. Mais les Mauléonais en veulent plus… ils veulent y croire… ils veulent réaliser l’impossible : retourner une situation qui parait désespérée. Alors ils insistent. La première ligne locale est fraîche, elle a été changée entièrement depuis quelques minutes. Il y a de la sanguette à revendre côté rouge et blanc. Côté Blagnac, on est mis au supplice. Les visiteurs ne cessent de plier sur les offensives tantôt des arrières, tantôt des avants locaux. Le sauvetage souletin est à ce prix : tout le monde doit y participer, c’est une affaire de famille ! A force de plier, le roseau de Haute Garonne, va finir par rompre. Trois nouveaux groupés pénétrants mauléonais font des ravages dans l’arrière garde visiteuse. Et apercevant un espace, Victor Aboïtiz file sur 6 mètres aplatir l’essai du fol espoir mauléonais (15-20, 70e). Car oui, cette fois, le stade Marius Rodrigo y croit dur comme fer. Sa formation est revenue de tellement loin, qu’elle ne peut pas s’arrêter là. Il reste dix minutes, c’est à la fois peu mais tellement beaucoup. Sur le bord de la touche, Christophe Deylaud ne tient plus en place, il harangue ses troupes de se ressaisir. Ses hommes n’ont pas inscrit le moindre point depuis le retour des vestiaires, ils ont été constamment sur le reculoir. Ils ne vont marquer que 3 points durant la seconde période, mais ce seront 3 points de trop pour les Mauléonais. Ces derniers après de tels efforts répétés ont besoin de souffler. Ça tombe mal. Réagissant aux invectives de leur coach, les Blagnacais remettent le nez à la fenêtre, cinq minutes seulement. Oui, mais voilà, durant ces 5 minutes, les Mauléonais se mettent 3 fois à la faute. 3 pénalités en 5 minutes pour Ducousso, c’est trop. Pourtant le buteur visiteur semble mal supporter la pression, ratant deux tentatives pourtant assez facile pour un homme de son talent. Mais il va faire mouche une fois… une fois de trop (15-23, 77e). Car, cette fois pour l’emporter, Mauléon doit marquer deux fois en 3 minutes. Cette fois c’est mission impossible. Pourtant, les locaux vont finir à fond, en jouant, en poussant pour finalement un essai de Pierre Descazeaux aux fins fonds des arrêts de jeu… tel un symbole : Mauléon descendra peut-être, mais jouera à fond jusqu’au bout, la fierté est sauve et c’est grâce à cette fierté que Mauléon peut espérer donner rendez-vous au futur.

Fabrice Borowczyk

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« Les Mauléonais ont couru après le score… En vain »

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